Une envolée de l’or dans les ETF asiatiques booste les avoirs mondiaux en avril
En résumé : En avril 2025, 115,3 tonnes d’or ont afflué dans les ETF mondiaux — le mois le plus dynamique depuis 2022. L’Asie représente 65 % des flux, portée par la Chine. Mais un paradoxe émerge : alors que les ETF explosent, la demande de métal physique chute aux États-Unis. Un signal qui interroge sur la solidité de cette ruée vers l’or papier.
115 tonnes en un mois : un afflux record vers les ETF or
En avril 2025, pas moins de 115,3 tonnes d’or ont afflué dans les fonds adossés à l’or (ETF) à l’échelle mondiale, marquant le mois le plus dynamique depuis août 2022. Combinée à la hausse du prix de l’or, cette vague d’achats a porté les actifs sous gestion des ETF aurifères à 379 milliards de dollars — un record mensuel, en hausse de 10 %, selon le World Gold Council.
Malgré cette envolée, les avoirs totaux des fonds restent 10 % en deçà du pic historique de 3 915 tonnes atteint en octobre 2020, ce qui suggère une marge de progression encore importante.
L’Asie domine : 65 % des flux mondiaux
Les fonds asiatiques ont capté 65 % des flux nets totaux, ajoutant 69,6 tonnes d’or — soit une hausse de 27,8 % par rapport au mois précédent — pour une valeur record de 7,3 milliards de dollars. Pour donner l’échelle : les flux d’or dans les fonds asiatiques en avril ont à eux seuls dépassé le total du premier trimestre et de l’ensemble de l’année 2024.
La Chine est le moteur principal de cette demande, alimentée par les tensions commerciales avec les États-Unis, les inquiétudes sur la croissance économique, la volatilité des marchés boursiers et la baisse des rendements obligataires. Une dynamique qui rejoint celle observée chez les investisseurs privés de Hong Kong, qui ont triplé leur allocation en or en un an.
Le Japon enregistre des flux positifs pour le septième mois consécutif, tandis que l’Inde a retrouvé des entrées nettes après des sorties en mars.
Amérique du Nord : les ETF montent, le physique chute
Les ETF nord-américains ont affiché des entrées solides de 44,2 tonnes (4,5 milliards de dollars), faisant d’avril le deuxième meilleur mois d’avril jamais enregistré. Les flux cumulés sur les quatre premiers mois de 2025 dépassent déjà les performances historiques de 2020.
Mais un paradoxe frappant émerge : alors que les flux vers les ETF explosent, la demande de pièces et de lingots d’or physique a chuté au premier trimestre aux États-Unis. Les investisseurs américains semblent privilégier la facilité des ETF — une approche qui n’offre pas les mêmes garanties qu’une détention directe de métal.
Europe et autres régions : un tableau contrasté
L’Europe a enregistré de légères sorties nettes de -0,7 tonne, soit 807 millions de dollars. Les sorties au Royaume-Uni ont été partiellement compensées par des entrées en Suisse et en France. L’Australie et l’Afrique ont signalé des entrées pour le cinquième mois consécutif, totalisant 2,2 tonnes.
ETF or vs or physique : une distinction fondamentale
Les ETF offrent une solution pratique pour s’exposer au prix de l’or sans les contraintes de stockage ou de transport. Avec quelques clics, un investisseur peut acheter ou vendre des parts. Mais il est essentiel de comprendre la différence fondamentale : détenir des parts d’ETF, ce n’est pas posséder de l’or.
Les investisseurs en ETF détiennent des actifs papier — une créance sur un fonds qui est censé détenir l’équivalent en or physique. En période de crise systémique, cette garantie peut être remise en question. Avec les réformes de Bâle III qui pénalisent précisément l’or papier (coût de financement de 85 % pour l’or non alloué) et valorisent l’or physique alloué (Tier 1, zéro risque), le message des régulateurs est sans ambiguïté : le vrai or, c’est le métal physique.
En avril, le volume des transactions sur l’or a atteint 441 milliards de dollars par jour, en hausse de 48 % par rapport au mois précédent — un indicateur de l’intensité de l’intérêt mondial pour le métal jaune.
Perspectives : la tendance va-t-elle durer ?
Selon le World Gold Council, la volatilité des marchés, alimentée par les incertitudes commerciales et l’inflation, devrait continuer à soutenir les flux vers les ETF aurifères. Les positions longues nettes des gestionnaires de fonds ont toutefois diminué, tombant à 360 tonnes fin avril — soit 35 % en dessous de la moyenne 2024 — en raison de prises de bénéfices et d’une légère hausse des positions courtes.
Ce recul des positions longues, combiné à la demande record des banques centrales (244 tonnes au T1 2025), suggère que le plancher des prix de l’or est solidement soutenu par la demande institutionnelle, même si les marchés financiers connaissent des phases de correction à court terme.
Ce qu’il faut retenir
- 115,3 tonnes d’or ont afflué dans les ETF mondiaux en avril — record depuis 2022
- L’Asie représente 65 % des flux, avec la Chine en tête
- Les actifs sous gestion des ETF or atteignent 379 milliards de dollars (record)
- Paradoxe américain : les ETF explosent, mais la demande de métal physique chute
- Les réformes de Bâle III pénalisent l’or papier — le physique reste la référence de sécurité
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un ETF or et de l’or physique ?
Un ETF or est un fonds coté en bourse qui détient (en principe) de l’or physique dans des coffres. L’investisseur possède des parts du fonds, pas le métal lui-même. L’or physique — pièces ou lingots — est détenu directement par l’investisseur. En cas de crise systémique, seul l’or physique élimine totalement le risque de contrepartie. Les réformes de Bâle III confirment cette distinction en pénalisant l’or papier.
Pourquoi les investisseurs asiatiques achètent-ils massivement de l’or ?
Plusieurs facteurs convergent : les tensions commerciales sino-américaines, la crise immobilière chinoise, la volatilité des marchés boursiers asiatiques et la baisse des rendements obligataires. Les investisseurs de Hong Kong ont triplé leur allocation en or en un an. Cette tendance touche à la fois les ETF et le métal physique, la Chine étant aussi le premier marché mondial de lingots et pièces.
Faut-il investir dans un ETF or ou acheter de l’or physique ?
Les ETF offrent commodité et liquidité, mais exposent l’investisseur à un risque de contrepartie (le fonds, le dépositaire, le système financier). L’or physique élimine ce risque et offre une protection maximale en cas de crise systémique. Pour les investisseurs soucieux de sécurité, le métal physique est préférable. Pour optimiser chaque achat de pièces ou lingots, comparer les prix entre boutiques permet d’économiser significativement.
