En résumé : Après une hausse de plus de 50 % depuis le début de l’année, l’argent métal approche du seuil historique des 50 $ l’once — un niveau atteint seulement deux fois en 45 ans (1980 et 2011). Mais contrairement aux bulles passées, le mouvement actuel repose sur des fondamentaux structurels : inflation persistante, demande industrielle record (IA, solaire, électronique) et sous-évaluation historique par rapport à l’or et à la masse monétaire.
Trois vagues haussières en 60 ans — la troisième est-elle la bonne ?
L’argent métal a connu trois grandes vagues haussières en six décennies. La première, en 1980, était un pic spéculatif orchestré par les frères Hunt qui ont tenté de corner le marché — l’argent a frôlé 50 $ avant de s’effondrer. La deuxième, en 2011, a été portée par les politiques de quantitative easing post-crise financière — même résultat, un pic à 49 $ suivi d’une chute brutale.
La troisième vague, celle de 2025, est d’une nature différente. Elle n’est portée ni par la spéculation d’un seul acteur ni par une politique monétaire temporaire, mais par un ensemble de facteurs structurels : inflation persistante, demande industrielle en forte hausse (panneaux solaires, semi-conducteurs, batteries), et défiance croissante envers les monnaies fiduciaires. Le seuil des 50 $ l’once reste une barrière psychologique majeure — mais si l’argent le franchit durablement, ce serait un signal technique et fondamental sans précédent.
L’argent est historiquement bon marché — même à 47 $
Le prix actuel peut sembler élevé en valeur absolue. En réalité, ajusté à l’inflation, l’argent reste très en dessous de ses sommets historiques. En 1980, 50 $ l’once équivalaient à environ 199 $ en dollars de 2025. En 2011, le pic de 49 $ correspondait à environ 72 $ en valeur actuelle. À 47-48 $ aujourd’hui, l’argent est donc 3 à 4 fois moins cher que lors de ses précédents sommets en termes réels.
Un autre indicateur confirme cette sous-évaluation : le ratio argent/M2 (masse monétaire américaine). Selon TradingEconomics, ce ratio est actuellement trois fois inférieur à celui de 2011. Autrement dit, la quantité de dollars en circulation a explosé, mais le prix de l’argent n’a pas suivi — ce qui laisse un potentiel de rattrapage considérable.
Le ratio or/argent confirme la sous-évaluation
Le ratio or/argent — qui mesure combien d’onces d’argent il faut pour acheter une once d’or — est l’un des indicateurs les plus suivis par les investisseurs en métaux précieux. Historiquement :
- 1980 : l’argent valait environ 6,7 % du prix de l’or (ratio ~15:1)
- 2011 : environ 3,3 % (ratio ~30:1)
- 2025 : seulement ~1,2 % (ratio ~80:1)
Ce ratio est bien en dessous de sa moyenne historique de long terme (~50:1). Pour revenir à cette moyenne, il faudrait que le prix de l’argent double par rapport à l’or — soit une hausse massive du prix de l’argent, soit une convergence des deux métaux. Dans les deux scénarios, l’argent a davantage de potentiel haussier que l’or à court et moyen terme.
De plus, rapporté à la dette fédérale américaine — désormais supérieure à 37 000 milliards de dollars — l’argent est encore beaucoup moins cher qu’en 1980 ou 2011. Le métal blanc n’a pas suivi le rythme de l’expansion monétaire et de l’endettement public.
Un contexte mondial sans précédent
La dette mondiale a été multipliée par dix depuis les années 1990, atteignant près de 250 000 milliards de dollars. Cette explosion alimente les craintes de dépréciation monétaire et pousse de plus en plus d’investisseurs et de banques centrales à se tourner vers les métaux précieux. L’or a déjà dépassé l’euro comme deuxième actif de réserve mondial — l’argent pourrait bénéficier de la même dynamique avec un décalage.
La force unique de l’argent réside dans sa double utilité : c’est à la fois un métal d’investissement (valeur refuge) et un métal industriel. Les panneaux solaires consomment à eux seuls plus de 150 millions d’onces par an, un chiffre en croissance rapide avec la transition énergétique. L’électronique, les batteries, les applications médicales et l’IA ajoutent une demande industrielle qui ne fléchit pas — même quand les prix montent. Pour suivre l’évolution de ces tendances, le World Gold Council et le Silver Institute publient des rapports détaillés.
Analyse technique : le signal d’une explosion haussière
Sur le plan graphique, l’argent forme depuis des décennies une figure technique dite de « cup and handle » (tasse avec anse) — un pattern classique qui précède historiquement les mouvements haussiers majeurs. La « tasse » s’est formée entre le pic de 1980 et celui de 2011, et l’« anse » correspond à la consolidation 2011-2024.
Une clôture nette et durable au-dessus de 50 $ confirmerait ce signal technique, potentiellement ouvrant la voie à des objectifs beaucoup plus ambitieux. Certains analystes indépendants projettent des cibles entre 100 et 300 $ sur un horizon de plusieurs années — des chiffres qui paraissent extrêmes mais qui sont cohérents avec l’amplitude des cup and handle historiques sur d’autres actifs.
Une consolidation à court terme — une pause ou un léger recul — serait même un signe de santé du marché. Les hausses paraboliques sans correction sont celles qui se terminent mal (cf. 1980). Un mouvement progressif, entrecoupé de pauses, construit une base plus solide pour la suite.
Opportunité générationnelle ou bulle ?
La question légitime est : cette fois est-elle vraiment différente ? Les éléments qui distinguent 2025 de 1980 et 2011 sont tangibles. L’inflation n’est plus transitoire — elle est structurelle, alimentée par les dépenses publiques record et la démondialisation. Les rendements obligataires réels restent faibles ou négatifs dans de nombreuses économies. Et la demande industrielle d’argent n’existait tout simplement pas à cette échelle il y a 15 ans.
En proportion du PIB, de la masse monétaire, de la dette et des marchés boursiers, l’argent n’a jamais été aussi sous-évalué. Si le métal franchit durablement les 50 $, ce serait un tournant historique comparable à 1979 ou 2009. Pour les investisseurs en pièces d’argent et lingots d’argent, le potentiel de gains à long terme est considérable — à condition d’acheter progressivement et au meilleur prix.
Ce qu’il faut retenir
- L’argent a gagné plus de 50 % depuis le début de l’année, approchant le seuil historique des 50 $
- Ajusté à l’inflation, le prix actuel est 3 à 4 fois inférieur aux pics de 1980 et 2011
- Le ratio or/argent (~80:1) est bien au-dessus de sa moyenne historique (~50:1) → potentiel de rattrapage
- Le ratio argent/M2 est 3 fois plus bas qu’en 2011 → l’argent n’a pas suivi l’expansion monétaire
- La demande industrielle (solaire, IA, batteries) est un moteur structurel absent des cycles précédents
- Figure technique cup and handle de 45 ans → signal haussier majeur si les 50 $ sont franchis
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Questions fréquentes
L’argent métal peut-il atteindre 100 $ l’once ?
C’est techniquement plausible. En dollars constants, le pic de 1980 équivaut à environ 199 $ en 2025. Si l’argent retrouvait ne serait-ce que la moitié de sa valeur ajustée de 1980, il dépasserait 100 $. La figure technique de cup and handle formée sur 45 ans et la sous-évaluation par rapport à la masse monétaire soutiennent ce scénario. Cependant, rien ne garantit ce résultat — une stratégie d’achat progressif permet de se positionner sans prendre de risque excessif.
Pourquoi l’argent est-il considéré comme sous-évalué par rapport à l’or ?
Le ratio or/argent est actuellement d’environ 80:1, alors que sa moyenne historique se situe autour de 50:1. Cela signifie qu’il faut 80 onces d’argent pour acheter une once d’or — un déséquilibre qui suggère que l’argent devrait se réévaluer par rapport à l’or. De plus, le ratio argent/masse monétaire est trois fois inférieur à celui de 2011, confirmant que l’argent n’a pas suivi l’expansion monétaire des dernières années.
Comment investir dans l’argent physique en France ?
En France, vous pouvez acheter de l’argent physique sous forme de pièces (Maple Leaf, Philharmonique, Britannia) ou de lingots (de 1 once à 1 kilo). Attention : contrairement à l’or d’investissement, l’argent physique est soumis à la TVA en France (marge ou 20 % selon les cas), ce qui impacte le prix d’achat. Comparer les prix entre boutiques est donc encore plus crucial pour l’argent que pour l’or, car les écarts de prix et de TVA varient significativement d’un vendeur à l’autre.
